Thème 2 — Espaces de Hilbert et opérateurs linéaires
Algèbre des opérateurs de création et d'annihilation
Mots-clés: oscillateur harmonique · création · annihilation · commutateur · nombre d'occupation · Heisenberg
Exercice 1 : Algèbre des opérateurs de création et d'annihilation
Question 1
Soit H un espace de Hilbert. On suppose donnés deux opérateurs a et a† sur H vérifiant la relation de commutation canonique
[a,a†]=1.
On définit l'opérateur nombre N=a†a.
Question 2
Montrer que [N,a]=−a et [N,a†]=a†.
Solution
On développe en utilisant [a,a†]=1 :
[N,a]=[a†a,a]=a†[a,a]+[a†,a]a=0−1⋅a=−a.
De même :
[N,a†]=[a†a,a†]=a†[a,a†]+[a†,a†]a=a†⋅1+0=a†.
Question 3
Soit ∣n⟩ un vecteur propre de N de valeur propre λ∈C, ∣n⟩=0. Montrer que si a∣n⟩=0, alors a∣n⟩ est vecteur propre de N de valeur propre λ−1, et que si a†∣n⟩=0, alors a†∣n⟩ est vecteur propre de N de valeur propre λ+1.
Solution
Supposons N∣n⟩=λ∣n⟩. Alors :
N(a∣n⟩)=[N,a]∣n⟩+aN∣n⟩=−a∣n⟩+λa∣n⟩=(λ−1)a∣n⟩.
Si a∣n⟩=0, c'est donc un vecteur propre de N de valeur propre λ−1. De même :
donc a†∣n⟩, s'il est non nul, est vecteur propre de valeur propre λ+1.
Question 4
Montrer que λ≥0. En déduire que le spectre de N est N et que les valeurs propres sont des entiers.
Solution
Pour tout ∣ψ⟩∈H :
⟨ψ∣N∣ψ⟩=⟨ψ∣a†a∣ψ⟩=∥a∣ψ⟩∥2≥0,
donc N est un opérateur positif et toute valeur propre λ vérifie λ≥0.
Supposons λ∈/N. En appliquant a répétitivement, on obtient la suite de valeurs propres λ,λ−1,λ−2,..., qui finit par être strictement négative, ce qui contredit λ≥0. Donc le spectre est contenu dans N ; en appliquant a† à partir de ∣0⟩ (vecteur propre de valeur propre 0, dont l'existence est assurée par l'argument de positivité), on construit tous les entiers.
Question 5
Montrer que
∥a∣n⟩∥2=n,∥a†∣n⟩∥2=n+1.
En déduire, en choisissant les phases de sorte que les coefficients soient réels positifs :
a∣n⟩=n∣n−1⟩,a†∣n⟩=n+1∣n+1⟩.
Solution
En utilisant [a,a†]=1 et N=a†a :
∥a∣n⟩∥2=⟨n∣a†a∣n⟩=⟨n∣N∣n⟩=n.
Pour a† :
∥a†∣n⟩∥2=⟨n∣aa†∣n⟩=⟨n∣(a†a+1)∣n⟩=n+1.
Puisque a∣n⟩ est proportionnel à ∣n−1⟩ (vecteur propre de valeur propre n−1, unique à une phase près dans une représentation irréductible), on peut choisir la phase pour écrire :