Diagonalisation d'une matrice hermitienne de taille deux
Mots-clés: diagonalisation · matrice hermitienne · système à deux niveaux · angle de mélange · anticroisement · répulsion des niveaux
Exercice 1 : Diagonalisation d'une matrice hermitienne de taille deux
On considère la matrice hermitienne la plus générale de taille ,
Elle représente par exemple le Hamiltonien d'un système à deux niveaux, dans une base où et sont les énergies des deux états et leur couplage. On pose
Son discriminant est , et les valeurs propres sont Elles sont réelles, comme il se doit pour une matrice hermitienne. Elles sont égales si et seulement si , c'est-à-dire si et : la matrice est alors proportionnelle à l'identité.
puis que les vecteurs
forment une base orthonormée de vecteurs propres de .
et la seconde Ainsi , et l'on montre de même que . Les deux vecteurs sont normalisés, et . Ce sont donc les vecteurs propres de , de valeurs propres .
Vérifions la première composante de : . Elle doit être égale à , ce qui est le cas puisque . Numériquement, .
Le couplage écarte les deux niveaux : le plus haut monte et le plus bas descend, d'une quantité proportionnelle au carré du couplage et inversement proportionnelle à l'écart initial. L'angle est petit, , et les vecteurs propres sont proches des vecteurs de base : chacun n'est que légèrement mélangé avec l'autre. Lorsque , au contraire, , et les vecteurs propres sont des superpositions de poids égaux des deux états de base : le mélange est maximal, même pour un couplage faible, et l'écart entre les niveaux vaut . Lorsque l'on fait varier , les deux valeurs propres décrivent les deux branches d'une hyperbole : elles ne se croisent jamais, contrairement aux énergies et sans couplage, qui se croisent en . C'est le phénomène d'anticroisement, ou de répulsion des niveaux, que l'on retrouve dans toute la physique quantique, des molécules aux qubits.