Mesures successives sur un système à trois niveaux
Mots-clés: postulats · règle de Born · réduction du paquet d'onde · valeur propre dégénérée · valeur moyenne · écart-type · observables incompatibles
Exercice 1 : Mesures successives sur un système à trois niveaux
On considère un système quantique dont l'espace des états est de dimension trois, muni d'une base orthonormée . Une observable est définie par
où est un réel non nul. Le système est préparé dans l'état
On rappelle que, si est le projecteur sur le sous-espace propre associé à la valeur propre , la probabilité d'obtenir est , et que l'état juste après la mesure est .
L'état est bien normalisé. D'après le deuxième postulat, les résultats possibles d'une mesure de sont ses valeurs propres. Il y en a deux : , associée au seul vecteur , et , associée au sous-espace de dimension deux engendré par et . La valeur propre est donc doublement dégénérée.
Pour la valeur propre non dégénérée , la règle de Born donne Pour la valeur propre dégénérée , il faut sommer les modules carrés des composantes sur une base orthonormée du sous-espace propre : On vérifie que . La valeur moyenne est la moyenne des résultats pondérée par leurs probabilités : Pour l'écart-type, calculons d'abord . L'opérateur a les mêmes vecteurs propres que , avec les valeurs propres et , donc . On en déduit
d'où Remarquez que la mesure n'a pas sélectionné ou séparément : comme la valeur propre est dégénérée, l'état après la mesure est la projection de l'état initial sur tout le sous-espace propre, et il conserve les proportions relatives des deux composantes. L'état appartient au sous-espace propre de valeur propre ; une nouvelle mesure de donne donc avec probabilité .
Déterminer les valeurs propres et vecteurs propres de , puis les probabilités des résultats de cette mesure. Les observables et commutent-elles ?
Elle est diagonale par blocs. Le bloc agissant sur est la matrice , de valeurs propres et de vecteurs propres . Le vecteur est propre de valeur propre . Ainsi : Calculons les composantes de sur ces vecteurs : Les probabilités sont donc Les deux observables ne commutent pas. En effet, , alors que : . Physiquement, mélange les vecteurs et , qui correspondent à des valeurs propres différentes de .
Alors que la première mesure de avait donné , et qu'une mesure immédiatement répétée aurait redonné avec certitude, la mesure intermédiaire de a rendu à nouveau possible le résultat . C'est la même situation que la séquence , , de l'expérience de Stern et Gerlach : lorsque deux observables ne commutent pas, mesurer l'une modifie les prédictions concernant l'autre.