Question 1
Montrer par récurrence que, pour tout entier
n≥1, [X^,P^n]=iℏnP^n−1. En déduire que
[X^,f(P^)]=iℏf′(P^) pour tout polynôme
f. Énoncer sans démonstration le résultat analogue pour
[P^,g(X^)].
Solution
Pour
n=1, c'est la relation canonique. Supposons la formule vraie au rang
n. En écrivant
P^n+1=P^nP^ et en utilisant la règle rappelée, sous la forme
[C^,A^B^]=A^[C^,B^]+[C^,A^]B^,
[X^,P^n+1]=P^n[X^,P^]+[X^,P^n]P^=iℏP^n+iℏnP^n−1P^=iℏ(n+1)P^n,
ce qui établit la formule au rang n+1. Le commutateur étant linéaire, on en déduit pour un polynôme f(p)=∑nanpn :
[X^,f(P^)]=n∑an[X^,P^n]=iℏn∑nanP^n−1=iℏf′(P^).
Le commutateur avec X^ agit donc comme une dérivation par rapport à P^. Le même raisonnement, en partant de [P^,X^]=−iℏ1, donne [P^,g(X^)]=−iℏg′(X^), résultat que l'on vérifie aussi directement en représentation position, où P^=−iℏd/dx. Ces formules s'étendent aux fonctions développables en série entière.
Question 2
On considère l'opérateur de translation
T(a)=e−iaP^/ℏ, avec
a réel. Calculer
[X^,T(a)], puis montrer que
T(a)†X^T(a)=X^+a1. Interpréter ce résultat en calculant la position moyenne dans l'état
T(a)∣ψ⟩.
Solution
D'après la question précédente avec
f(p)=e−iap/ℏ, dont la dérivée est
f′(p)=−ℏiaf(p),
[X^,T(a)]=iℏ(−ℏia)T(a)=aT(a).
Ainsi X^T(a)=T(a)X^+aT(a). L'opérateur T(a) est unitaire, puisque T(a)†=eiaP^/ℏ=T(−a)=T(a)−1, P^ étant auto-adjoint. En multipliant à gauche par T(a)†, on obtient
T(a)†X^T(a)=X^+a1.
Pour l'état translaté ∣ψa⟩=T(a)∣ψ⟩, la position moyenne vaut donc
⟨ψa∣X^∣ψa⟩=⟨ψ∣T(a)†X^T(a)∣ψ⟩=⟨X^⟩ψ+a.
L'opérateur T(a) translate bien l'état d'une distance a vers la droite, en accord avec son action (T(a)ψ)(x)=ψ(x−a) en représentation position.
Question 3
Calculer le commutateur
[H^,X^P^]. En utilisant le théorème d'Ehrenfest, en déduire l'expression de
dtd⟨X^P^⟩.
Solution
D'après la règle rappelée,
[H^,X^P^]=[H^,X^]P^+X^[H^,P^].
D'une part, seule l'énergie cinétique contribue au premier commutateur, et d'après la première question, [P^2,X^]=−[X^,P^2]=−2iℏP^, donc [H^,X^]=−miℏP^. D'autre part, seul le potentiel contribue au second, et [H^,P^]=[V(X^),P^]=iℏV′(X^). Ainsi
[H^,X^P^]=−miℏP^2+iℏX^V′(X^).
L'opérateur X^P^ ne dépend pas explicitement du temps, et le théorème d'Ehrenfest donne
dtd⟨X^P^⟩=ℏi⟨[H^,X^P^]⟩=m⟨P^2⟩−⟨X^V′(X^)⟩.
On remarque que X^P^ n'est pas auto-adjoint, mais le théorème d'Ehrenfest, qui ne repose que sur l'équation de Schrödinger, s'applique encore à sa valeur moyenne.
Question 4
En déduire que, dans un état stationnaire, l'énergie cinétique moyenne
⟨T^⟩=⟨P^2⟩/(2m) vérifie le théorème du viriel
2⟨T^⟩=⟨X^V′(X^)⟩.
Appliquer ce résultat à l'oscillateur harmonique V(x)=21mω2x2 et à un potentiel V(x)=λ∣x∣, où λ>0.
Solution
Dans un état stationnaire, toutes les valeurs moyennes d'observables indépendantes du temps sont constantes, puisque l'état ne change que par une phase globale. Le membre de gauche de la relation précédente est donc nul, et
⟨P^2⟩/m=⟨X^V′(X^)⟩, c'est-à-dire
2⟨T^⟩=⟨X^V′(X^)⟩.
Pour l'oscillateur harmonique, xV′(x)=mω2x2=2V(x), et le théorème donne ⟨T^⟩=⟨V⟩ : dans tout état propre, l'énergie se partage également entre énergie cinétique et énergie potentielle, chacune valant En/2. Pour le potentiel λ∣x∣, on a xV′(x)=λxsgn(x)=λ∣x∣=V(x), d'où 2⟨T^⟩=⟨V⟩ : l'énergie potentielle moyenne vaut le double de l'énergie cinétique moyenne, et donc ⟨V⟩=32E et ⟨T^⟩=31E. Plus généralement, pour V(x)∝∣x∣s, on trouve 2⟨T^⟩=s⟨V⟩. Le cas du potentiel coulombien à trois dimensions, s=−1, donne 2⟨T^⟩=−⟨V⟩, résultat que l'on peut vérifier sur le fondamental de l'atome d'hydrogène.