Mots-clés: spin un demi · champ magnétique · précession de Larmor · sphère de Bloch · impulsion pi · théorème d'Ehrenfest
Exercice 1 : Précession d'un spin dans un champ magnétique
Un électron immobile, de spin 1/2, est placé dans un champ magnétique uniforme et constant B=Bex, avec B>0. Son moment magnétique est μ^=γS^, avec γ=−e/me (on prend le facteur de Landé égal à 2), et son Hamiltonien est H^=−μ^⋅B. On pose ω0=−γB=eB/me>0. On utilise la base (∣+⟩,∣−⟩) des états propres de Sz, dans laquelle Sj=2ℏσj, et l'on rappelle que, pour un vecteur unitaire n et un réel α,
e−iαn⋅σ=cosα1−isinαn⋅σ.
À l'instant t=0, le spin est dans l'état ∣+⟩.
Question 1
Écrire le Hamiltonien. Quelles sont ses valeurs propres ?
Solution
On a H^=−γB⋅S^=−γBSx=ω0Sx=2ℏω0σx. Les valeurs propres de σx étant ±1, celles de H^ sont ±ℏω0/2, de vecteurs propres les états ∣x±⟩=(∣+⟩±∣−⟩)/2 de spin ±ℏ/2 selon x. L'écart entre les deux niveaux vaut ℏω0. L'état initial ∣+⟩ n'est pas un état propre : c'est une superposition de poids égaux des deux niveaux.
Question 2
Déterminer l'état ∣ψ(t)⟩, puis les probabilités de trouver Sz=+ℏ/2 et Sz=−ℏ/2 à l'instant t.
Solution
L'opérateur d'évolution est U(t)=e−iH^t/ℏ=e−i(ω0t/2)σx. D'après la formule rappelée avec n=ex et α=ω0t/2,U(t)=cos2ω0t1−isin2ω0tσx.
Comme σx∣+⟩=∣−⟩, on obtient
∣ψ(t)⟩=cos2ω0t∣+⟩−isin2ω0t∣−⟩.
Les probabilités sont
P+(t)=cos22ω0t,P−(t)=sin22ω0t.
Le spin passe périodiquement de l'état ∣+⟩ à l'état ∣−⟩, à la pulsation ω0 égale à la fréquence de Bohr du système.
Question 3
Calculer ⟨Sx⟩,⟨Sy⟩ et ⟨Sz⟩ en fonction du temps. Décrire le mouvement du vecteur de Bloch.
Solution
Notons c+=cos(ω0t/2) et c−=−isin(ω0t/2) les composantes de l'état. On a, pour un état c+∣+⟩+c−∣−⟩,⟨σx⟩=2Re(c+∗c−),⟨σy⟩=2Im(c+∗c−),⟨σz⟩=∣c+∣2−∣c−∣2.
Ici c+∗c−=−icos2ω0tsin2ω0t=−2isin(ω0t), de sorte que
⟨Sx⟩=0,⟨Sy⟩=−2ℏsin(ω0t),⟨Sz⟩=2ℏcos(ω0t).
Le vecteur ⟨S⟩, de norme constante ℏ/2, tourne dans le plan (y,z), perpendiculaire au champ, à la pulsation ω0 : sur la sphère de Bloch, l'état décrit le grand cercle perpendiculaire à l'axe x. C'est la précession de Larmor du spin autour du champ magnétique.
Question 4
Vérifier que ces valeurs moyennes satisfont l'équation de précession dtd⟨S^⟩=γ⟨S^⟩×B.
Solution
Avec B=Bex, on a ⟨S⟩×B=B(0,⟨Sz⟩,−⟨Sy⟩). L'équation de précession s'écrit donc, avec γB=−ω0 :dtd⟨Sx⟩=0,dtd⟨Sy⟩=−ω0⟨Sz⟩,dtd⟨Sz⟩=ω0⟨Sy⟩.
Vérifions-le sur nos résultats : dtd(−2ℏsinω0t)=−ω02ℏcosω0t=−ω0⟨Sz⟩, et dtd(2ℏcosω0t)=−ω02ℏsinω0t=ω0⟨Sy⟩. Les trois équations sont satisfaites. On retrouve ainsi exactement l'équation classique de précession d'un moment magnétique, conséquence du théorème d'Ehrenfest et des relations de commutation du moment cinétique.
Question 5
Au bout de quelle durée tπ le spin est-il retourné avec certitude ? Calculer tπ pour B=1 mT. On donne e/me≃1,76×1011 C kg−1.
Solution
Le spin se trouve dans l'état ∣−⟩ avec certitude lorsque P−(t)=sin2(ω0t/2)=1, c'est-à-dire pour ω0t=π :tπ=π/ω0. Pendant cette durée, le vecteur de Bloch a fait un demi-tour, du pôle nord au pôle sud ; on parle d'impulsion π. Numériquement, ω0=eB/me≃1,76×1011×10−3≃1,76×108 rad s−1, et
tπ=ω0π≃1,8×10−8s≃18ns.