Mots-clés: atome d'hydrogène · orbitale 2p · harmoniques sphériques · moment cinétique · mesure de Lz · normalisation
Exercice 1 : Moment cinétique d'une orbitale 2p
On considère un électron de l'atome d'hydrogène dans l'état
ψ(r)=N(x+y+2z)e−r/(2a),
où a est le rayon de Bohr et N>0 une constante de normalisation. On rappelle que les états ψnℓm=Rnℓ(r)Yℓm(θ,φ) sont états propres de H^,L^2 et L^z de valeurs propres En=−13,6eV/n2,ℏ2ℓ(ℓ+1) et ℏm, que R21(r)∝re−r/(2a), et que
Y10=4π3cosθ,Y1,±1=∓8π3sinθe±iφ.
On donne aussi ∫0∞rqe−r/adr=q!aq+1 et ∫cos2θdΩ=4π/3, l'intégrale portant sur tous les angles.
Question 1
Déterminer la constante de normalisation N.
Solution
En coordonnées sphériques, x+y+2z=r(sinθcosφ+sinθsinφ+2cosθ). Calculons l'intégrale angulaire de son carré. Par symétrie, ∫(x/r)2dΩ=∫(y/r)2dΩ=∫(z/r)2dΩ=4π/3, et les termes croisés comme ∫xydΩ sont nuls, car ils changent de signe par une symétrie qui change le signe d'une seule coordonnée. Ainsi
∫(x+y+2z)2dΩ=r2(1+1+4)34π=8πr2.
Exprimer x,y et z à l'aide de r et des harmoniques sphériques Y1m. En déduire que ψ est une combinaison linéaire des états ψ21m, dont on donnera les coefficients à un facteur commun près.
Indication
Exprimer d'abord x+iy et x−iy en fonction de Y1,1 et Y1,−1.
Solution
On a x±iy=rsinθe±iφ=∓r8π/3Y1,±1 et z=rcosθ=r4π/3Y10. Posons c=r4π/3, de sorte que r8π/3=2c. En prenant la demi-somme et la demi-différence,
x=2(x+iy)+(x−iy)=2c(Y1,−1−Y11),y=2i(x+iy)−(x−iy)=2ic(Y11+Y1,−1),z=cY10.
On en déduit
x+y+2z=c[21+iY1,−1+2Y10+2−1+iY11].
Comme le facteur radial re−r/(2a) est proportionnel à R21, la fonction ψ est une combinaison des trois états ψ21m, avec des coefficients proportionnels à
21+i(m=−1),2(m=0),2−1+i(m=1).
Question 3
Quels résultats peut-on obtenir lors d'une mesure de l'énergie ? de L^2 ? Avec quelles probabilités ?
Solution
Les trois états ψ21m ont la même énergie E2=−13,6/4≃−3,4 eV et la même valeur ℏ2ℓ(ℓ+1)=2ℏ2 de L^2. Toute combinaison de ces états est donc encore un état propre de H^ et de L^2 : une mesure de l'énergie donne E2 avec certitude, et une mesure de L^2 donne 2ℏ2 avec certitude.
Question 4
Quels sont les résultats possibles d'une mesure de L^z, et leurs probabilités ? Calculer ⟨L^z⟩.
Solution
Les résultats possibles sont −ℏ,0 et ℏ. Les états ψ21m étant orthonormés, les probabilités sont proportionnelles aux modules carrés des coefficients trouvés plus haut :
21+i2=1,∣2∣2=4,2−1+i2=1,
dont la somme vaut 6. Ainsi
P(Lz=−ℏ)=61,P(Lz=0)=32,P(Lz=ℏ)=61.
On remarque que la somme des modules carrés vaut 6, comme le facteur 1+1+4 apparu dans la normalisation : c'est une vérification utile. La valeur moyenne est ⟨L^z⟩=−ℏ⋅61+0⋅32+ℏ⋅61=0. Ce résultat était prévisible : la fonction ψ est réelle, et l'opérateur L^z=−iℏ∂φ a une valeur moyenne imaginaire pure sur une fonction réelle, ce qui impose qu'elle soit nulle puisqu'elle doit aussi être réelle.
Question 5
La mesure de L^z a donné ℏ. Quel est l'état juste après la mesure ? Ce nouvel état est-il réel ?
Solution
D'après le postulat de réduction, l'état est projeté sur le sous-espace propre de L^z associé à ℏ, intersecté ici avec le niveau n=2,ℓ=1, qui est engendré par ψ211. Après normalisation, l'état est ψ211, à une phase globale près :
ψ211(r)=R21(r)Y11(θ,φ)∝−rsinθeiφe−r/(2a)=−(x+iy)e−r/(2a).
Ce n'est pas une fonction réelle : sa phase tourne avec l'angle φ autour de l'axe z, ce qui correspond à une composante non nulle et bien définie du moment cinétique selon z.