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Thème 3 — Postulats et applications

État initial parabolique dans le puits infini

Mots-clés: puits infini · décomposition sur une base propre · probabilités d'énergie · énergie moyenne · évolution temporelle · période de résurgence

Exercice 1 : État initial parabolique dans le puits infini

Une particule de masse mm est confinée dans un puits infini entre x=0x=0 et x=Lx=L, d'états propres et énergies

φn(x)=2Lsin⁡(nπxL),En=n2E1,E1=π2ℏ22mL2.\phi_n(x)=\sqrt{\frac2L}\sin\Bigl(\frac{n\pi x}{L}\Bigr),\qquad E_n=n^2E_1,\qquad E_1=\frac{\pi^2\hbar^2}{2mL^2}.

À l'instant t=0t=0, la particule est préparée dans l'état

ψ(x,0)=30L5  x (L−x)pour 0≤x≤L.\psi(x,0)=\sqrt{\frac{30}{L^5}}\;x\,(L-x)\quad\text{pour }0\leq x\leq L .

On donne ∫0Lx(L−x)sin⁡(nπxL)dx=2L3n3π3(1−(−1)n)\int_0^Lx(L-x)\sin\bigl(\frac{n\pi x}{L}\bigr)dx=\frac{2L^3}{n^3\pi^3}\bigl(1-(-1)^n\bigr), ainsi que les sommes sur les entiers impairs ∑n impair1n4=π496\sum_{n\,\mathrm{impair}}\frac{1}{n^4}=\frac{\pi^4}{96} et ∑n impair1n6=π6960\sum_{n\,\mathrm{impair}}\frac{1}{n^6}=\frac{\pi^6}{960}.

Question 1
Vérifier que ψ(x,0)\psi(x,0) est normalisée et satisfait les conditions aux limites. Calculer l'énergie moyenne ⟨H^⟩\langle\hat H\rangle directement à partir de ψ(x,0)\psi(x,0).

Solution
La fonction s'annule en x=0x=0 et x=Lx=L : elle satisfait les conditions de Dirichlet. Sa norme vaut

30L5∫0Lx2(L−x)2dx=30L5∫0L(L2x2−2Lx3+x4)dx=30L5(L53−L52+L55)=30L5⋅L530=1.\frac{30}{L^5}\int_0^Lx^2(L-x)^2dx=\frac{30}{L^5}\int_0^L\bigl(L^2x^2-2Lx^3+x^4\bigr)dx=\frac{30}{L^5}\Bigl(\frac{L^5}{3}-\frac{L^5}{2}+\frac{L^5}{5}\Bigr)=\frac{30}{L^5}\cdot\frac{L^5}{30}=1 .

Pour l'énergie moyenne, on utilise H^=P^2/(2m)\hat H=\hat P^2/(2m) dans le puits et une intégration par parties, dont le terme de bord est nul grâce aux conditions aux limites :

⟨H^⟩=ℏ22m∫0L∣ψ′(x)∣2dx=ℏ22m⋅30L5∫0L(L−2x)2dx=ℏ22m⋅30L5⋅L33=5ℏ2mL2.\langle\hat H\rangle=\frac{\hbar^2}{2m}\int_0^L|\psi'(x)|^2dx=\frac{\hbar^2}{2m}\cdot\frac{30}{L^5}\int_0^L(L-2x)^2dx=\frac{\hbar^2}{2m}\cdot\frac{30}{L^5}\cdot\frac{L^3}{3}=\frac{5\hbar^2}{mL^2}.

On a utilisé ∫0L(L−2x)2dx=L33\int_0^L(L-2x)^2dx=\frac{L^3}{3}, obtenu par le changement de variable u=L−2xu=L-2x.

Question 2
Décomposer ψ(x,0)\psi(x,0) sur la base des états propres, c'est-à-dire calculer les coefficients cnc_n tels que ψ(x,0)=∑ncnφn(x)\psi(x,0)=\sum_nc_n\phi_n(x), donnés par

cn=∫0Lφn(x) ψ(x,0) dx.c_n=\int_0^L\phi_n(x)\,\psi(x,0)\,dx .

Pourquoi les coefficients d'indice pair sont-ils nuls ?

Solution
D'après l'intégrale donnée,

cn=2L30L5⋅2L3n3π3(1−(−1)n)=260n3π3(1−(−1)n).c_n=\sqrt{\frac2L}\sqrt{\frac{30}{L^5}}\cdot\frac{2L^3}{n^3\pi^3}\bigl(1-(-1)^n\bigr)=\frac{2\sqrt{60}}{n^3\pi^3}\bigl(1-(-1)^n\bigr).

Pour nn pair, 1−(−1)n=01-(-1)^n=0 et cn=0c_n=0. Pour nn impair, 1−(−1)n=21-(-1)^n=2, et

cn=460n3π3=815n3π3.c_n=\frac{4\sqrt{60}}{n^3\pi^3}=\frac{8\sqrt{15}}{n^3\pi^3}.

Les coefficients pairs sont nuls pour une raison de symétrie : ψ(x,0)\psi(x,0) est symétrique par rapport au milieu du puits, ψ(L−x)=ψ(x)\psi(L-x)=\psi(x), alors que les φn\phi_n d'indice pair sont antisymétriques par rapport à ce point. Leur produit scalaire est donc nul.

Question 3
Quelle est la probabilité de mesurer l'énergie E1E_1 ? Vérifier que la somme des probabilités vaut un, puis retrouver ⟨H^⟩\langle\hat H\rangle à partir des cnc_n. Comparer ⟨H^⟩\langle\hat H\rangle à E1E_1.

Solution
La probabilité de mesurer EnE_n est ∣cn∣2=960n6π6|c_n|^2=\frac{960}{n^6\pi^6} pour nn impair. Pour n=1n=1,

P(E1)=960π6≃960961,4≃0,9986.P(E_1)=\frac{960}{\pi^6}\simeq\frac{960}{961{,}4}\simeq0{,}9986 .

L'état initial est donc très proche du fondamental, ce qui n'est pas surprenant puisque la parabole x(L−x)x(L-x) ressemble beaucoup à l'arche de sinusoïde sin⁡(πx/L)\sin(\pi x/L). La somme des probabilités vaut

∑n impair960π6n6=960π6⋅π6960=1,\sum_{n\,\mathrm{impair}}\frac{960}{\pi^6n^6}=\frac{960}{\pi^6}\cdot\frac{\pi^6}{960}=1,

comme l'exige l'identité de Parseval. L'énergie moyenne vaut

⟨H^⟩=∑n∣cn∣2En=960π6E1∑n impairn2n6=960π6⋅π2ℏ22mL2⋅π496=5ℏ2mL2,\langle\hat H\rangle=\sum_n|c_n|^2E_n=\frac{960}{\pi^6}E_1\sum_{n\,\mathrm{impair}}\frac{n^2}{n^6}=\frac{960}{\pi^6}\cdot\frac{\pi^2\hbar^2}{2mL^2}\cdot\frac{\pi^4}{96}=\frac{5\hbar^2}{mL^2},

en accord avec la première question. Comme E1=π22ℏ2mL2≃4,93ℏ2mL2E_1=\frac{\pi^2}{2}\frac{\hbar^2}{mL^2}\simeq4{,}93\frac{\hbar^2}{mL^2}, on a ⟨H^⟩≃1,013 E1\langle\hat H\rangle\simeq1{,}013\,E_1, légèrement supérieur à E1E_1 comme il se doit, puisque le fondamental minimise l'énergie moyenne. C'est le principe de la méthode variationnelle : une fonction d'essai bien choisie donne une borne supérieure, ici très bonne, de l'énergie du fondamental.

Question 4
Écrire ψ(x,t)\psi(x,t). Les probabilités d'énergie dépendent-elles du temps ? Montrer que la densité de probabilité ∣ψ(x,t)∣2|\psi(x,t)|^2 est périodique, et donner sa période TT.

Solution
Chaque composante évolue avec sa propre phase :

ψ(x,t)=∑n impaircn e−iEnt/ℏ φn(x)=∑n impair815n3π3 e−in2E1t/ℏ φn(x).\psi(x,t)=\sum_{n\,\mathrm{impair}}c_n\,e^{-iE_nt/\hbar}\,\phi_n(x)=\sum_{n\,\mathrm{impair}}\frac{8\sqrt{15}}{n^3\pi^3}\,e^{-in^2E_1t/\hbar}\,\phi_n(x).

Les probabilités d'énergie ∣cne−iEnt/ℏ∣2=∣cn∣2|c_ne^{-iE_nt/\hbar}|^2=|c_n|^2 sont constantes. En revanche, la densité de position contient les termes croisés cmcnφmφncos⁡((En−Em)t/ℏ)c_mc_n\phi_m\phi_n\cos\bigl((E_n-E_m)t/\hbar\bigr), qui dépendent du temps. Comme toutes les énergies sont des multiples entiers de E1E_1, En=n2E1E_n=n^2E_1, toutes les phases e−in2E1t/ℏe^{-in^2E_1t/\hbar} reprennent simultanément leur valeur initiale lorsque E1t/ℏE_1t/\hbar est un multiple de 2π2\pi. La fonction d'onde est alors exactement ψ(x,0)\psi(x,0), et l'évolution est périodique de période

T=2πℏE1=4mL2πℏ.T=\frac{2\pi\hbar}{E_1}=\frac{4mL^2}{\pi\hbar}.

En fait, comme seuls les nn impairs interviennent et que n2−1n^2-1 est alors divisible par 88, la densité est même périodique de période T/8T/8 : on vérifie que e−in2E1t/ℏ=e−iE1t/ℏ e−i(n2−1)E1t/ℏe^{-in^2E_1t/\hbar}=e^{-iE_1t/\hbar}\,e^{-i(n^2-1)E_1t/\hbar}, et le second facteur vaut 11 pour t=T/8t=T/8, de sorte que l'état ne diffère de l'état initial que par une phase globale. Dans le cas présent, l'état est si proche du fondamental que les variations de la densité restent de toute façon très faibles.